Réglementation des bouteilles de plongée en France : TIV, requalification, épreuve
En France, une bouteille de plongée est un équipement sous pression soumis à deux contrôles obligatoires : une inspection visuelle tous les 12 mois (le « TIV ») et une requalification périodique avec épreuve hydraulique tous les 2 ans en régime général, ou tous les 6 ans si le bloc est inspecté chaque année dans une structure affiliée appliquant le cahier des charges officiel. Ces obligations découlent de l’arrêté du 20 novembre 2017 relatif au suivi en service des équipements sous pression. Un bloc hors échéance ne peut plus être gonflé ni utilisé : les centres et magasins ont l’obligation de refuser le gonflage. Ce guide explique qui contrôle quoi, à quelle fréquence, à quel prix, et détaille les cas particuliers : bloc d’occasion, bloc étranger, bouteilles carbone et nitrox.
Quels textes encadrent les bouteilles de plongée en France ?
Deux niveaux de réglementation s’appliquent. À la fabrication, la bouteille est mise sur le marché sous la directive européenne des équipements sous pression (marquage CE, ou π pour les équipements transportables). En service, c’est l’arrêté du 20 novembre 2017 relatif au suivi en service des équipements sous pression qui fixe les contrôles obligatoires (articles 15 et 18 pour les périodicités). Le régime d’inspection allégé dit « TIV » repose sur un cahier des charges officiel approuvé par la décision BSERR n° 15-106 du 8 décembre 2015, appliqué notamment par la FFESSM.
À quelle fréquence contrôler sa bouteille ? Le tableau des périodicités
| Contrôle | Régime général (particulier) | Régime TIV (structure affiliée) |
|---|---|---|
| Inspection visuelle (intérieure et extérieure, robinet démonté) | Tous les 12 mois maximum | Tous les 12 mois maximum, par un TIV certifié |
| Requalification périodique (épreuve hydraulique par un organisme habilité) | Tous les 2 ans | Tous les 6 ans, à condition d’une inspection TIV chaque année sans interruption |
| Bouteilles composites (carbone) | Inspection 12 mois + requalification 2 ans | Exclues du régime TIV (pas de 6 ans) |
À retenir : l’inspection visuelle est annuelle pour tout le monde, quel que soit le régime. Ce qui change entre les deux régimes, c’est uniquement l’intervalle de requalification (2 ans ou 6 ans).
Qu’est-ce que le TIV (inspection visuelle) ?
Le TIV — Technicien en Inspection Visuelle — est un plongeur formé et certifié par un organisme de rattachement (la FFESSM est le plus connu) pour réaliser l’inspection périodique des bouteilles métalliques de plongée. L’inspection comprend : l’identification du bloc et de ses accessoires, la vérification de sa situation réglementaire, l’examen extérieur et intérieur (robinet démonté), la vérification des filetages de la bouteille et du robinet, et l’appréciation des défauts (corrosion, chocs, rayures).
Chaque inspection donne lieu à un compte rendu écrit obligatoire remis au propriétaire, avec la décision (favorable, non conforme ou rebutée) et la prochaine échéance. En pratique, un macaron annuel est apposé sur le bloc et l’inspection est enregistrée — pour la FFESSM, sur la plateforme nationale TIV. C’est cette traçabilité annuelle ininterrompue qui ouvre droit à la requalification tous les 6 ans au lieu de 2.
Qu’est-ce que la requalification périodique (épreuve hydraulique) ?
La requalification est réalisée sous la responsabilité d’un organisme habilité par l’État (Apave, Bureau Veritas, ASAP…), généralement via un centre de requalification partenaire. Elle comprend, dans l’ordre : la vérification des documents du bloc, une inspection de requalification, l’épreuve hydraulique et la vérification des accessoires de sécurité, robinetterie comprise.
L’épreuve consiste à mettre la bouteille en pression d’eau à la pression d’épreuve gravée sur l’ogive — en général 1,5 fois la pression de service (exemple : bloc 232 bars → épreuve à 348 bars), le minimum réglementaire étant de 120 % de la pression maximale admissible. Le bloc est réformé au moindre suintement, fuite ou déformation permanente. En cas de succès, l’organisme frappe sur l’ogive la date suivie du poinçon officiel « à tête de cheval » : c’est cette date qui fait foi pour calculer la prochaine échéance.
Régime 2 ans ou 6 ans : lequel s’applique à vous ?
Contrairement à une idée reçue, le régime 6 ans n’est pas réservé aux clubs associatifs FFESSM : il est ouvert à toute structure — y compris commerciale — affiliée à un organisme de rattachement appliquant le cahier des charges (structures fédérales, magasins et professionnels affiliés, travailleurs indépendants rattachés). Trois conditions cumulatives : une bouteille métallique (acier ou aluminium), une inspection TIV chaque année sans trou dans l’historique, et l’enregistrement des inspections par la structure.
Si vous plongez en autonome avec votre propre bloc sans le faire suivre en structure, vous relevez du régime général : requalification tous les 2 ans. Faire suivre son bloc en TIV coûte quelques dizaines d’euros par an et divise par trois la fréquence des épreuves : c’est presque toujours rentable.
Les cas particuliers
Bouteille achetée d’occasion
Les échéances suivent le bloc, pas le propriétaire : vérifiez la dernière date de requalification frappée sur l’ogive. Un bloc sorti du suivi TIV retombe automatiquement au régime 2 ans : si la dernière épreuve date de plus de 2 ans, une requalification s’impose avant tout gonflage. Exigez du vendeur les comptes rendus d’inspection s’il en dispose.
Bouteille étrangère
Pour être utilisée et requalifiée en France, la bouteille doit porter un marquage reconnu : CE, π, epsilon ou tête de cheval. Un bloc portant uniquement un marquage américain DOT n’est ni requalifiable ni utilisable légalement en France ; les bouteilles à double certification EN/DOT (Luxfer, Faber…) ne posent pas de problème.
Bouteilles carbone (composites)
Les bouteilles composites sont exclues du cahier des charges TIV : elles restent au régime général (inspection annuelle + requalification tous les 2 ans). Leur durée de vie est limitée par le fabricant — souvent 15 ans, parfois non limitée pour les conceptions récentes : c’est la notice du fabricant qui fait foi, pas l’arrêté.
Nitrox et oxygène
Dès que le bloc reçoit un mélange à plus de 40 % d’oxygène — et pour le gonflage par pression partielle — la bouteille et sa robinetterie doivent être compatibles oxygène : dégraissage, joints et lubrifiants O₂. La station de gonflage est en droit d’exiger la preuve de cette compatibilité. Attention : la « tolérance 40 % » est un usage répandu mais jamais validé officiellement en France ; le marquage du bloc (gaz oxydants ou air) prime. Notre guide du nitrox détaille ces exigences.
Combien coûtent le TIV et la requalification ?
| Prestation | Prix constatés en France (2026) |
|---|---|
| Inspection visuelle (TIV) en structure commerciale | ≈ 19 à 35 € TTC (souvent 5 à 15 € en club associatif) |
| Requalification (épreuve hydraulique) | ≈ 55 à 90 € TTC selon l’atelier et la préparation du bloc |
| Suppléments courants (démontage robinet, grenaillage, peinture) | ≈ 13 à 90 € TTC selon prestation |
Comptez aussi l’immobilisation du bloc (quelques jours à quelques semaines selon la période — anticipez avant la saison).
Que risque-t-on avec un bloc hors contrôle ?
La sanction la plus immédiate est le refus de gonflage : toute structure sérieuse vérifie les dates avant de gonfler, et refuse un bloc dont l’inspection a plus de 12 mois ou dont la requalification est dépassée. Sur le plan réglementaire, exploiter un équipement sous pression sans les contrôles requis expose à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € (article L.557-58 du Code de l’environnement), et engage la responsabilité civile et pénale en cas d’accident. Sous 200 ou 300 bars, un bloc fragilisé est un vrai danger : ces contrôles ne sont pas une formalité.
Et concrètement, à Lyon ?
Chez Dive Lyon, à Charbonnières-les-Bains, notre station de gonflage air, nitrox et trimix vérifie systématiquement les échéances de vos blocs avant gonflage. Notre atelier vous conseille sur le suivi de votre parc (inspection, préparation à la requalification, compatibilité oxygène) et vous oriente vers la bonne filière selon votre situation. Vous cherchez un bloc neuf déjà conforme ? Parcourez nos bouteilles et robinetteries ou consultez notre guide pour choisir sa bouteille.
Questions fréquentes sur la réglementation des bouteilles de plongée
Quelle est la durée de validité d’un TIV ?
Douze mois. L’inspection visuelle doit être renouvelée chaque année, que le bloc soit suivi en structure ou détenu par un particulier. C’est la continuité de ces inspections annuelles en structure affiliée qui permet d’espacer les requalifications à 6 ans.
Ma bouteille doit-elle être requalifiée tous les 2 ans ou tous les 6 ans ?
Tous les 2 ans si vous la faites suivre vous-même, hors structure. Tous les 6 ans si elle est inspectée chaque année, sans interruption, par un TIV certifié au sein d’une structure affiliée (club fédéral ou professionnel rattaché) — et uniquement pour les bouteilles métalliques.
Comment savoir quand ma bouteille a été requalifiée pour la dernière fois ?
Regardez l’ogive : chaque requalification est frappée avec la date et le poinçon officiel à tête de cheval. La date la plus récente sert de point de départ pour calculer la prochaine échéance (2 ou 6 ans selon votre régime de suivi).
Peut-on faire gonfler un bloc dont la requalification est dépassée ?
Non. Les centres, clubs et magasins doivent refuser le gonflage d’un bloc hors échéance. Il faut d’abord repasser la requalification (et une inspection visuelle si elle date de plus de 12 mois) avant de pouvoir regonfler et replonger le bloc.
Qui a le droit de réaliser l’épreuve hydraulique ?
Uniquement un organisme habilité par l’État, ou un centre de requalification opérant sous sa responsabilité. Ni un club, ni un TIV, ni un magasin ne peuvent réaliser eux-mêmes l’épreuve : leur rôle est l’inspection annuelle, la préparation du bloc et l’orientation vers la filière de requalification.
Les bouteilles carbone suivent-elles les mêmes règles ?
Elles sont inspectées chaque année comme les autres, mais restent requalifiées tous les 2 ans (pas de régime 6 ans, car le cahier des charges TIV ne couvre que les bouteilles métalliques) et ont une durée de vie limitée fixée par le fabricant.
Sources : arrêté du 20 novembre 2017 (art. 15, 18, 19, 21, 24), cahier des charges TIV (décision BSERR n° 15-106), art. L.557-58 du Code de l’environnement. Guide rédigé par l’équipe Dive Lyon — mis à jour en juillet 2026.



